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AFIO : Historique

La société Française d'odonto-Stomatologie légale, fondée en 1972, domiciliée à l'institut médico-légal de Paris avait pour objectifs d'approfondir, de développer et de diffuser les connaissances médico-légales, juridiques, sociologiques et économiques concernant l'Odonto-stomatologie. Si les toutes premières années ont été actives, depuis 20 ans cette société ne s'est plus réunie.
 Quelques années plus tard, à la suite des identifications des victimes du DC10 de l'UTA (septembre 89) un groupe de chirurgiens-dentistes a décidé de créer une commission nationale d'identification.
 Pour donner davantage d'ampleur au mouvement en faveur de l'identification Odontologique et pour rassembler les experts, la commission fût rattachée à la compagnie nationale des experts judiciaires en odonto-stomatologie (CNEJOS).
 Très ouverte sur toutes les structures ayant un rapport avec les problèmes d'identification, cette section de la CNEJOS était malgré tout limitée. Elle a néanmoins servi de catalyseur et a permis la fondation de l'AFIO.
 Du bazar de charité à la catastrophe Concorde.
 Une catastrophe est un phénomène aléatoire de faible fréquence, inattendu et le plus souvent imparable.
Elle cause généralement la mort d'un grand nombre de personnes. Son caractère imprévisible (en dehors du cas de l'erreur humaine flagrante) rend le phénomène inéluctable.
C'est pourquoi les catastrophes ont été, sont, et seront de tous les temps de toutes les époques de l'histoire humaine.
Cette définition suscite quelques réflexions quant à la difficulté de prévenir de tels événements.
Les catastrophes revêtent plusieurs formes :
 
 
Les "naturelles" évidentes lorsqu'il s'agit de phénomènes sismiques ou volcaniques dont l'intensité sinon les effets, ne sauraient être tempérés ou aggravés par l'homme et ses travaux (montagne pelée - Martinique - 8 Mai 1902 - 28000 morts).

 
Il en va autrement pour les inondations, les risques de montagne qui peuvent être tempérés ou aggravés par les travaux des l'hommes.

 

Les "collectives d'ordre technologique" sont liées 
Aux transports maritimes
Naufrage du Titanic - 15 Avril 1912 - plus de 1700 morts. 
Naufrage du Lancastria - Saint-Nazaire - 17 Juin 1940 - plus de 6000 morts. 

Aux transports aériens
Airbus du Mont Saint Odile - 20 Janvier 1992 - 94 morts.
Concorde 25 juillet 2000 - 113 morts

A la circulation ferroviaire et routière
Train Paris - Port-Bou à Argenton sur Creuse - 31 Août 1985 - 42 morts 
Autoroute du Soleil à Beaune - Juillet 1982 - 53 morts.
Tunnel du Mont Blanc décembre 1998

 

C'est aussi le cas des catastrophes dues à l'industrialisation qui se caractérisent par des explosions, des incendies
Explosion Poudrerie Nationale du Ripault - Tours - 18 Octobre 1943 - 90 morts au moins. 

 

Enfin, certaines ont pour origine la détérioration d'ouvrages d'art en présence d'une forte concentration humaine.
Les barrages et les ponts qui s'écroulent en sont les plus tristes exemples
Barrage de Malpasset - Fréjus - 2 Décembre 1959 - 423 morts. 
Les "Collectives d'ordre sociologique accidentelles" résultent souvent d'une activité de loisir rassemblant une foule lors d'une manifestation sportive ou culturelle. Elles sont la conséquence d'un défaut de la structure d'accueil par effondrement ou incendie. Elles peuvent naître d'un phénomène de foule qui s'amplifie et dégénère en panique
Incendie du Bazar de la Charité - 4 Mai 1897 - 124 morts 
Stade du Heysel et stade de Furiani en Corse. 
Seules les "Catastrophes collectives provoquées", d'ordre sociologique, prennent leur origine dans la volonté de l'homme qui guide de bout en bout le déroulement de l'action terroriste. Citons pour mémoire tous les actes de terrorisme, les suicides collectifs... l'histoire ne les compte plus 
DC10 d'UTA - Ténéré - 20 Septembre 1989 - 171 morts 
Suicides du Temple Solaire - Canada, Suisse, France - 1994, 1995 - 60 morts. 

Quelle qu'en soit la cause, il y a lieu dès l'apparition de la catastrophe, de mettre en œuvre tous les moyens disponibles pour : Stopper les effets engendrés 
Procéder au sauvetage des survivants 
Effectuer le relevage des morts 
Collecter les indices qui permettront l'identification des victimes 
Remettre le site en état (eau, électricité, voie de communication 
Cent ans après la catastrophe de la Charité qui fit 124 victimes pour la plupart issues de l'aristocratie, il est relativement facile d'analyser le déroulement de la tragédie aux travers des témoignages et des documents collectés lors de l'enquête.
 Il serait peu vraisemblable qu'un tel événement se produise aujourd'hui sous cette forme.
 Les mesures de sécurité relatives aux bâtiments recevant du public (journal officiel, sécurité et lutte contre l'incendie) et l'évolution de la technologie en matière de matériaux et matériels, permettraient d'éliminer beaucoup de causes.
 Aujourd'hui, l'obligation de recourir à la surveillance des sapeurs pompiers durant le déroulement de la manifestation, diminuerait le temps de l'intervention des secours en cas d'incendie.
 Quant au relevage des corps et aux opérations médico-légales visant à rechercher les causes de la mort et à identifier les victimes, ces investigation sont aujourd'hui plus structurées et donnent des résultats relativement satisfaisants.
 N'oublions pas que, si lors de l'incendie du bazar de la Charité, plusieurs victimes appartenant à l'aristocratie (Duchesse d'Alençon, Comtesse de Villeneuve...) ont été identifiées de manière formelle par le système dentaire, beaucoup l'ont été seulement grâce aux objets attenant à leur corps. Technique qui laisse à penser quel fut le désordre morbide provoqué par "l'expertise".
 C'est par exemple, le cas de cet homme qui reconnaît sa femme carbonisée, dans la salle St Jean. Rentré chez lui pour attendre les pompes funèbres, il trouve son épouse, au lit, brûlée légèrement. Elle avait été transportée à l'hôpital pour y recevoir des soins. Une autre famille resta dans l'angoisse ou l'espérance un peu plus longtemps.
 De ce rappel historique et de la définition même de la catastrophe ressortent plusieurs commentaires. En premier lieu on peut énoncer, arguant du phénomène inéluctable et imprévisible de la catastrophe, qu'avant qu'elle ne se produise, rien n'est possible. La prévention totale est quasiment impossible à programmer et à organiser. En revanche, lorsqu'elle est survenue, tout doit être mis en œuvre pour sauver, secourir et identifier les victimes. Dans ce domaine le rôle de l'odontologie est déterminant En France, cent ans après l'incendie du bazar de la Charité, l'odontologie médico-légale est totalement reconnue grâce aux efforts des différents acteurs (universitaires, Conseil de l'Ordre, et hommes de terrain). Une équipe d'odontologistes médico-légaux entraînée et disponible, est en permanence à la disposition des magistrats et des confrères médecins légistes, pour intervenir dès les toutes premières heures après une catastrophe. (méthodologie Française présentée par l'AFIO, congrès de l'AFIO, table ronde sur l'organisation de l'identification dans les différents pays européens, Octobre 1996 Strasbourg).
 
 

 
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