|
|
Le congrès de l'ADF
2009 s'est tenu du 24 au 28 novembre au Palais des Congrès de Paris,
sur le thème "Rêves et Réalité"
Résumé des
communications de la séance de l'AFIO:
- Dr. Alain BERY, Dr. Laurent DELPRAT
Pour le dictionnaire Lalande « l'éthique est
la science qui a pour objet le jugement d'appréciation tant qu'il
s'applique à la distinction du bien et du mal ».
En anglais, par contre, l’ « ethics » signifie que c'est
avant tout du choix que nous avons à faire dont il est question,
car l’ « ethics » relève de la responsabilité
personnelle. En effet, il est toujours possible en matière d’
« ethics » d'être éclairé, d'accepter
des conseils, mais la décision finale n'appartient qu’à
l'individu. L’éthique est l’esthétique du dedans
a écrit Jean Reverdy
Le droit codifie l'ensemble des rapports sociaux.
L’ensemble des règles qui met en œuvre la fonction normative
des sociétés politiques et qui sont sanctionnées
par la force contraignante du pouvoir politique s’appelle le droit,
et les règles qui le constitue s’appellent les règles
de droit ou encore règles juridiques.
Le rêve c’est penser que l’homme est naturellement bon,
la réalité c’est l’impérieuse nécessité
de la sanction !
- Dr Philippe WELSCH – Dr Charles DANJARD
" Du désir du plaignant, à la réalité
du préjudice"
Etre victime d’un accident,
quel qu’il soit, médical, de vie privée ou de voie
publique entraine chez l’individu un sentiment de révolte
et de frustration.
La perception de l’importance d’un préjudice peut être
variable en fonction de chaque personne victime, l’appréciation
de l’état post-traumatique ou séquellaire relève
de l’expertise.
L’interrogatoire, l’examen clinique, l’étude,
des pièces et radiographies présentées permettront
à l’expert de noter :
- Les faits,
- Les lésions initiales,
- L’état initial (souvent beaucoup plus délicat à
appréhender),
- L’état actuel,
- Les séquelles.
Le recueil des doléances permettra à l’expert de sonder
l’état d’esprit de la victime, et de commencer à
fixer la part des choses.
En fonction de la mission, l’expert devra alors fixer :
- Les traitements réalisés ou à réaliser,
- La consolidation,
- Les préjudices,
- La susceptibilité d’évolution dans le temps de l’état
post-séquellaire.
La conclusion du rapport provoquera dans le subconscient de la victime
le sentiment de frustration quasi systématique qui découle
de la différence de perception de son propre état et de
celui donné par l’expert.
- Dr Guy COLLET, Dr Christophe RALLON
" Du désir des enquêteurs et du magistrat à la
réalité de l’identification."
Les dernières traces de la jeune femme disparue
apparaissent sur une petite île de la Loire : un sac vidé,
un flacon de barbituriques et une bouteille d’eau minérale.
La personne ne donne aucune nouvelle à sa famille, et n’essaie
pas de revoir ses enfants.
Jusqu’à ce soir de décembre ou un pêcheur découvre,
quelques années plus tard, une mandibule coincée dans une
pile de pont en aval de cette fameuse île.
Les enquêteurs envisagent la possibilité d’identifier
enfin la personne disparue : le médecin légiste a affirmé
qu’il s’agissait d’une femme, mais n’a pas pu
en dire d’avantage.
Le magistrat ré-ouvre le dossier de la disparue, et décide
de nommer un odontologiste pour recueillir tous les indices sur la mandibule
afin de permettre l’identification de la personne disparue. Il ne
cache pas son désir de clôturer ce dossier.
La pièce anatomique est analysée, mais les conclusions sont
peu convaincantes.
Par contre l’odontologiste est en mesure de présenter au
juge une liste de questions susceptibles de faire progresser l’expertise
par commission rogatoire auprès de la famille et du dernier chirurgien
dentiste traitant.
Hélas, à l’issue des témoignages reçus,
l’expert n’a encore que des présomptions.
Quand arrive enfin l’élément déterminant, un
support ante-mortem datant d’une quinzaine d’années
avant la disparition, qui va permettre enfin d’aboutir à
une conclusion formelle.
Cette réalité est-elle conforme aux attentes du magistrat
et des enquêteurs ?
Cette présentation souligne :
- L’importance de la rédaction détaillée des
fiches patients et de la conservation des documents ante-mortem.
- L’intégrité de l’expert qui ne doit pas se
laisser influencer par les enquêteurs.
- La discussion toujours possible avec le magistrat afin d’induire
des axes de recherches directement en rapport avec la mission proposée
à l’odontologiste.
2 points importants :
Les radiographies peuvent-elles représenter des
documents de référence ante-mortem ?
Est-il possible de prendre conseil auprès du magistrat
instructeur au cours des opérations d’expertise ?
Dr Charles GEORGET,
Dr Claude LABORIER
" Les lèvres en disent long."
Les lèvres en disent long.
Pulpeuses elles sont sensuelles, un joli sourire est toujours attrayant.
Mince elles sont rébarbatives. Si les lèvres ont un rôle
essentiel dans la phonétique articulatoire, dans l’expression
faciale de l’émotion, de la déception, de la joie…
elles gèrent aussi l’action d’embrasser et une partie
du mécanisme du boire et du manger. Le rôle social des lèvres
est tel que dans notre société actuelle, des femmes et des
hommes n’hésitent pas à recourir à la chirurgie
pour en augmenter ou au contraire en réduire le volume. De nombreuses
expressions populaires telles que ‘’s’en mordre les
lèvres ‘’, ‘’être pendu aux lèvres
de quelqu’un’’ …donnent toute l’importance
de ce rempart de la bouche qui illumine ou ternit le visage.
Mais ces lèvres peuvent en dire encore plus long sur l’identité
d’une victime ou d’un agresseur car les dessins labiaux sont
immuables dans le temps et les lèvres laissent de nombreuses traces
sur des supports variés. La chéiloscopie qui consiste à
faire parler ces traces et à les comparer aux dessins labiaux est
une des facettes moins connues de l’odontologie médico-légale.
Les lèvres , du désir à la réalité…
Bibliographie
RENAUD. M : L’identification chéiloscopique en médecine
légale. Editions Médicales et Universitaires 109 pages -
Paris 1973
CLERC. S, AMADOR. G, GEORGET. C: Les empreintes labiales chez les jumeaux
homozygotes: parralèle avec les empreintes digitales – Revue
de droit médical et d’identification appliqués à
l’odontologie – Juin 2009
- Dr Françoise TILLOTA
" La reconstitution faciale au fil du temps : Entre désir
et réalité.
La reconstitution faciale cherche à restituer
la morphologie la plus probable du visage à partir d’un crâne.
Les premières tentatives de reconstitution faciale ont vraisemblablement
été réalisées au cours du 19ème siècle,
à la suite des travaux de Paul BROCA (1824-1880). À cette
époque, certains anthropologues eurent la curiosité de connaître
le véritable visage de quelques hommes célèbres.
En effet, des portraits de ces personnages avaient été réalisés
de leur vivant, mais ils s’avéraient souvent flatteurs ou
trompeurs. Aussi, un besoin d’authenticité historique poussa
ces auteurs à restituer le visage de certains hommes célèbres
d’après leur crâne, tout en utilisant malgré
tout, les portraits existants qui leur fournissaient un moyen de vérifier
l’exactitude de leur travail.
Actuellement, cette technique a deux champs d’applications principaux.
D’une part, elle est utilisée en médecine légale
en vue d’identifier un corps en mauvais état de conservation.
D’autre part, elle peut permettre de redonner vie à des personnages
célèbres de l’histoire du monde ou de savoir à
quoi ressemblaient les ancêtres de l’Homme moderne.
Cet exposé propose, à travers des exemples précis,
de retracer l’évolution des techniques de reconstitution
faciale en partant des premières méthodes inspirées
du désir des hommes de connaître le visage des personnages
connus, jusqu’aux méthodes actuelles qui cherchent à
établir la réalité.
Mots clés :
Reconstitution faciale – Identification
Bibliographie :
BROCA P. Instructions craniologiques et craniométriques »,
Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie
de Paris 1875 ; 2, 207 pages.
GERASIMOV MM. The face finder. Philadelphia : J.B. Lippincott Co, 1971.
HIS W. Anatomische forschungen ueber Johann Sebastian Bach’s gebeine
und antliz nebst bemerkungen ueber dessen bilder. Abhandlungen der mathematisch-physikalischen
klasse der Konigl. Sachsischen Gesellschaft der Wissenchaften 1895, 22
: 379-420.
QUATREHOMME G. La reconstruction faciale. In : Traité de médecine
légale. (BEAUTHIER J-P.), Bruxelles : De Boeck Université,
2008, p. 537-62.
VIGNAL J-N. Les reconstitutions faciales assistées par ordinateur.
Paris : Artcom’, 1999, 166 pages.
WILKINSON C. Forensic Facial Reconstruction. Cambridge University Press,
2004.
|